Paroisse

L’homélie du Dimanche 6 décembre (Lc 12, 16-21)

La parabole que l’Église nous propose aujourd’hui raconte comment l’homme peut se priver de la vie éternelle. Nous entrons dans ce monde non pas pour disparaître un jour mais pour participer à la vie éternelle que Dieu nous a donnée. Chaque jour de notre existence est marqué par les actions dont nous somme les auteurs. Lorsque nous parlons de Dieu, lorsque nous le confessons comme notre Créateur et notre Père, nous essayons de faire les actions qui  ne soient pas contraires à ce que Dieu nous a révélé. Nous apprenons à faire le bien et à éviter le mal. Même plus, étant des chrétiens, des hommes spirituels et non pas des esclaves de la loi, nous sommes appelés non pas seulement à faire le bien mais tout d’abord à aimer le bien et à détester le mal. L’Apôtre Paul dans son épître aux Éphésiens dit qu’autrefois nous tous étions ténèbres et maintenant nous sommes lumière dans le Seigneur. Il nous invite à vivre comme les enfants de la lumière, c’est à dire il nous invite à produire les fruits de la lumière qui sont : bonté, justice et vérité (Eph 5, 8-9).

Ces fruits évoqués par le saint apôtre Paul sont complètement opposés à ceux que l’homme de la parabole d’aujourd’hui, a voulu conserver durant de longues années, afin d’avoir une vie légère et passer le temps en désœuvrement. Cet homme qui cherche une vie stable dans le monde matériel, c’est à dire corruptible et temporaire, est jugé par Dieu. Ce jugement est prononcé non pas parce que notre personnage cherche à rendre sa vie terrestre plus stable, mais parce qu’en accumulant les fruits terrestres il ignore et oublie les fruits que son âme doit apporter : bonté, justice et vérité. Pour produire et puis sauvegarder ces fruits éternels le Seigneur nous appelle à être toujours vigilants : « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. » (Mat 26,41). La parabole précise que le désir de l’homme insensé de conserver « les bonnes récoltes » n’est point lié au désir d’avoir le temps pour « veiller et prier », mais au désir hédonique de ne faire que manger, boire et jouir de la vie. Le personnage de la parabole ne remercie même pas le Seigneur pour le temps favorable et la bonne récolte ; au lieu de s’adresser au Seigneur, l’homme insensé parle à son âme, c’est-à-dire à soi-même. La cupidité (pléonexia, le désir d’avoir plus que les autres) rend l’homme incapable d’être en unité avec le Seigneur qui est la source du bonheur éternel. La cupidité et la rapacité mènent l’homme vers l’idolâtrie car l’égoïsme ne laisse pas de place au Seigneur dans l’âme humaine, comme c’est le cas avec l’homme de la parabole qui parle avec son âme et ne se souvient point de Dieu.

La faiblesse de la chair sépare l’homme de ses biens matériels lorsqu’il tombe malade et surtout lorsque la mort arrive. Tandis que les fruits de lumière sont dans l’âme de celui ou de celle qui les a gagnés. Lorsque l’homme commence à goûter la bonté, la justice et la vérité, lui-même il devient bon, juste et véritable fils ou fille de Dieu. Rien, ni dans le monde terrestre ni dans le monde spirituel, ne pourra séparer l’homme des fruits qui viennent de Dieu.

L’évangile d’aujourd’hui nous propose un style de vie où le vrai bonheur se vit en relation avec le Seigneur, et où les dons divins, les dons de l’Esprit Saint deviennent la meilleure façon de gagner, de recevoir et de partager. C’est ainsi que nous pouvons nous enrichir en vue de Dieu, c’est-à-dire en gagnant, en multipliant et en partageant les fruits tant spirituels que ceux que la nature et la terre nous produisent. Notre âme est suffisamment grande pour recevoir les fruits célestes, il ne nous faut rien construire, cependant nous devons détruire dans nos âmes tout ce qui prend la place réservée aux fruits de la lumière, car notre âme est appelée à rester toujours accessible et ouverte à la grâce de notre Père Céleste. Jésus Christ termine sa parabole en nous rappelant la mort. Il ne le fait pas pour que nous ayons peur, ou pour que nous perdions le goût de la vie. En revanche, se souvenir de la mort signifie bien distinguer entre ce qui est éternel et ce qui est corruptible. Alors Jésus Christ nous montre de nouveau que l’éternité appartient à Dieu, et par Dieu, cette éternité est accordée à l’Homme comme le don divin. Cependant le bonheur éternel n’est pas possible pour l’Homme s’il est séparé de Dieu ; c’est pourquoi le Seigneur nous invite à fortifier notre lien avec lui et ainsi devenir spirituellement riche afin de jouir de la vraie vie céleste et éternelle en communion éternelle avec notre Seigneur et notre Dieu. Amen.

Archimandrite Alexis (Milyutin)

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