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Triomphe de l’Orthodoxie

Nous avons achevé la première semaine du Grand Carême. Aujourd’hui l’Église nous invite à célébrer le triomphe de l’Orthodoxie. Cette fête initiée en 843 a mis la fin à l’iconoclasme. Depuis cette date chaque premier dimanche du Grand Carême nous commémorons cet événement qui a uni l’iconographie à la vie de notre Église Orthodoxe. Cependant, lorsque nous utilisons le verbe « triompher » il y a quelque chose qui dérange notre oreille. Durant plusieurs semaines nous nous sommes préparés au Carême en écoutant des exemples proposés par l’Évangile sur la pénitence et surtout l’humilité. Les offices de la première semaine étaient imprégnés de cet appel d’humilier notre âme devant le Seigneur. En revanche, aujourd’hui nous sommes appelés au triomphe. Quel est ce triomphe, qui doit triompher et où se trouve notre place dans cette fête ?

Lorsqu’il s’agit de triomphe il s’agit de victoire. Alors en célébrant le triomphe de l’Orthodoxie nous célébrons la victoire de la vérité sur les hérésies, c’est à dire les fausses explications et compréhensions de notre foi. Depuis son existence l’Église était déchirée par les personnes qui ont porté des enseignements étrangers à la révélation divine et à l’expérience de l’Église. Si nous essayons d’expliquer ce que c’est l’hérésie, on peut dire que ce sont des idées sur Dieu et sur la foi propres à la logique et la compréhension humaine mais privées de mystère et de révélation divine. L’hérésie est un essai d’enfermer Dieu dans la logique humaine et ainsi de transformer Dieu qui est incompréhensible, invisible et insaisissable en un dieu explicable, soumis et cohérent à notre raison. Comme les hérésies sont logiques, elles ont toujours été populaires parmi le peuple en attirant l’attention de ce qui représente la « force de ce monde ici-bas ». Dans l’histoire de l’Église les partisans des hérésies ont  persécuté  ceux qui  gardaient  la vraie  foi de l’Église.

L’Évangile de ce dimanche nous rappelle de nouveau que Dieu est au-dessus de notre compréhension, c’est lui qui nous a donné l’intelligence et la raison. Lorsque Nathanaël demande au Christ : «D’où me connais tu ? », le Seigneur lui répond : « Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu ».(Jn 1:48 LSG). Il s’agit de quelque chose de personnel et intime dans la vie de Nathanaël que personne ne savait, cependant ce secret est connu de Dieu. Dieu constamment se révèle à l’homme, tout en restant Dieu de mystère. Le Christ incarné est Dieu-Homme et Dieu non humanisé voire humaniste. Lorsque l’homme commence à humaniser Dieu, il tombe dans les erreurs en créant un dieu propre à la philosophie à l’intelligence et aux besoins humains. Chaque hérésie nous apporte une explication tout à fait logique et compréhensible du mystère divin et même de la nature divine. Durant les huit premiers siècles l’Église a forgé les principales doctrines de notre foi en rejetant les hérésies. Les sept conciles œcuméniques nous apportent tout ce qui est nécessaire pour garder notre foi en cohérence avec la révélation divine. Les saints pères, les martyrs, les docteurs de l’Église nous ont transmis l’esprit ecclésial révélé par notre Seigneur à ses disciple-apôtres et par les apôtres à tout l’univers

Comme annoncé au début, l’iconoclasme est une des nombreuses hérésies.  Le dernier concile œcuménique a défendu l’Église contre ceux qui rejetaient la vénération des icônes. Ce concile a eu lieu en 787, cependant bien auparavant et jusqu’au 843 les pères de ce concile et ceux qui sont resté fidèles à l’Église ont été persécutés, aussi bien par les hérétiques que par les autorités officielles. La fidélité et le courage de ce petit troupeau du Christ, leur a permis de garder la lumière de la vraie foi et de la vraie tradition qui a triomphé en 843 lorsque l’impératrice Théodora a soutenu la vénération des icônes. Depuis ce moment l’icône est indissolublement liée à la vie théologique et spirituelle de notre Église. Elle nous aide à avoir devant nos yeux le témoignage du royaume céleste qui grâce à Jésus Christ est présent déjà sur la terre. L’icône nous guide vers le monde céleste. L’icône nous détache de notre réalité terrestre en nous présentant l’image soit de celui qui nous transfigure par sa grâce, c’est à dire notre Seigneur, soit de celui ou de celle qui a été transfiguré par la grâce du Seigneur. Nous pouvons dire que l’icône accomplit la promesse du Seigneur que nous avons entendu dans l’Évangile d’aujourd’hui : « En vérité, en vérité je vous le dit : vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme » (Jn 1,51)

Ainsi aujourd’hui nous fêtons non pas notre victoire sur quelqu’un, mais la victoire de la lumière sur les ténèbres et de la vérité sur les hérésies. Étant les membres de l’Église, cette victoire devient notre victoire par la grâce de Dieu à qui appartient la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

Archimandrite Alexis (Milyutin)

Un commentaire

  • RUIZ Rosemary

    Bonjour mon père, hier j’ai essayé de me connecter à 17 H, je n’ai pas réussi mais, ce matin sur youtube, j’ai pu écouter votre Conférence avec la bibliste Sandrine, chaque fois je fais partager ce que je reçois avec mes amis, il est vrai que pour moi les connexions sur internet ne sont pas évidentes, Vous les jeunes dès le berceau vous savez tout faire, tout cela n’est pas bien grave, actuellement Jean Philippe est entrain de faire une icone pour moi qui représente Marie qui tient dans ses bras son fils JESUS qui est descendu de la croix, je sais que cette icone vous l’aimez énormément, …..Pour moi elle m’aide à vivre et développer la notion de Pardon que je dois apporter à mon fils Didier MAUMEJEAN ……………..EN CHRIST

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