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Dimanche 20 après la Pentecôte. La résurrection du fils de la veuve de Naïm. Lc VII, 11-16

L’Évangile que nous avons lu aujourd’hui nous montre que notre monde est paradoxal. D’un côté il est beau, harmonieux, rempli de la grâce divine qui se révèle par tout ce qui nous entoure. L’apôtre Paul dit dans son épître aux Romains : « En effet, depuis la création du monde, ses perfections invisibles, éternelle puissance et divinité, sont visibles dans ses œuvres pour l’intelligence » (Rom 1,20).

Jusqu’aux nos jours la terre nous montre son appartenance à la création du Seigneur. C’est lui qui l’a façonnée, qui l’a appelée du néant à l’existence. Cependant d’un autre côté notre monde nous présente aussi tant de moments incompréhensibles, qui semblent être privés de tout sens et de toute logique. Il s’agit des moments qui nous apportent tellement de souffrances, d’angoisse et de mal que notre âme crie vers le ciel : « Seigneur où es-tu ?! ».

Aujourd’hui l’Évangile nous montre un des paradoxes de notre vie. Ce paradoxe est la mort, qui est aveugle, impitoyable et folle. Nous voyons les gens mourir et nous ne comprenons pas pourquoi est-ce que certains quittent ce monde tandis qu’ils devraient y vivre, et que nous avons besoins de leur présence. Cette incompréhension est encore plus forte quand il s’agit des jeunes et des enfants, comme c’est le cas de la femme présentée par l’Évangile. Elle était veuve, elle a déjà perdu son mari, et voici que maintenant c’est son fils qui meurt aussi.

 Saint Antoine le Grand a essayé de comprendre pourquoi est-ce que Dieu laisse les enfants mourir. Il ne pouvait pas trouver de réponse, et au moment où son désespoir était à son comble, le Seigneur lui a parlé: «Antoine, tu ne comprendras pas ma providence, il ne faut pas la scruter car tu tomberais dans la folie ». Cependant l’histoire que nous lisons dans l’Évangile est une leçon pour nous tous, une leçon que nous sommes appelés à accepter et comprendre. Le Seigneur ressuscite ce garçon et ainsi il nous montre que la mort physique ne touche pas la vie de l’Homme qui reste toujours dans les mains du Seigneur. La mort sépare mais elle n’a pas de force pour détruire la vie. C’est pourquoi notre but ne doit pas viser à comprendre pourquoi ce monde est si impitoyable, mais comment vivre avec Dieu dans ce monde, comment avoir confiance dans le Seigneur, comment apprendre à l’écouter et surtout à accepter sa providence dans notre vie. Ainsi cette histoire de l’Évangile que l’Église nous propose n’est pas une tragédie, mais un exemple de la réalité de la vie éternelle et de la compassion divine. C’est un triomphe de la Vie, c’est une joie qui vient en dépit de la souffrance, du mal, de la mort éphémère dont l’aiguillon a été détruit par la mort et la résurrection de notre Sauveur Jésus Christ.

La mort est donc détruite, mais les conséquences de la mort restent encore dans ce monde. Elles ne sont que des souvenirs pédagogiques de la maladie du péché. Ils nous signifient où va l’Homme quand il oublie son Père Céleste. Ces conséquences de la mort nous apprennent à regarder au-delà de notre univers physique, afin de trouver une vie véritable et sa source véritable qui est ouverte à tous ceux qui ont soif de la Vie éternelle. Cette vie est accessible à nous tous, car l’homme n’était pas créé pour mourir, mais pour vivre éternellement.

Jésus Christ est devenu homme pour revivifier la vie de l’Homme, pour nous apprendre à vivre de nouveau. Il est toujours sur sa Croix pour ceux qui ne voient pas cette vie. Le Christ est toujours dans son tombeau pour ceux qui sont encore morts spirituellement. Le Seigneur est toujours et à jamais ressuscité pour tous ceux qui cherchent la vraie vie éternelle. Cette vie éternelle se trouve dans le Christ Ressuscité et la lumière de sa Résurrection brille et cette lumière vivifiante transfigure les ténèbres de ce monde. Amen.

Archimandrite Alexis (Milyutin)

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